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23 janvier 2008

La bataille de Floride se jouera sans Fred Thompson

Romney a remporté haut la main le Nevada.  Mac Cain, la Caroline du Sud.  Résultat des courses: aucun des candidats  républicains ne s’est imposé avant la bataille de Floride.  

Pour Giuliani, c’est son premier vrai test.  Pendant que d’autres guerroyaient en Iowa, au New Hampshire et autres Wyoming, lui, labourait tranquillement la Floride.  Seul.  Depuis quelques jours, il a vu débarquer les trois vainqueurs des précédentes primaires républicaines : Romney, Mac Cain et Huckabee.  Et ils ont la même ferme intention: remporter cet Etat-charnière.

Et cela pour deux raisons :  il s’agit du premier grand Etat qui propulsera quantité de délégués à la convention.  Mais plus crucial, le vainqueur de cette étape abordera le méga Tuesday en « winner ».
Voilà, en quelques mots, la stratégie de Giuliani dont je vous parlais lors de mon dernier billet. 

Malheureusement pour lui, son absence des premiers scrutins fait apparaître ses premières conséquences: il perd, selon deux sondages, sa position de leader dans l’Etat de New York.  Un comble pour l’ancien maire de Big Apple.

Un autre phénomène risque de plomber la campagne de Rudy: la question de l’Irak et de la sécurité nationale en générale passent au second plan.  Les questions socio-économiques monopolisent le débat depuis que les indicateurs de récession s’illuminent.

En tous cas, les électeurs de Floride vont voir leur choix se résumer à 5 prétendants.  Fred Thompson et Duncan Hunter jettent l’éponge.  Tout bénéfice pour Huckabee.

Les Démocrates, eux, après la victoire de Clinton au Nevada, se sont littéralement étripés lors du dernier débat télévisé.  Clinton attaquant une nouvelle fois Obama sur le manque de continuité de ses positions.  Un jour, il est pour, l’autre contre et, à la fin, c’est de toute façon vous qui l’avait mal compris,…  Obama a répliqué en soulignant  qu’Hillary Clinton avait été membre du Conseil d’Administration du géant Wal Mart lorsque, lui, se battait sur le terrain en Illinois pour résorber les inégalités.  Soulignant ainsi le côté « avocat d’affaires » de l‘ex-First Lady.

Clinton n’a pas manqué également de relever la dernière sortie de son concurrent.  Obama avait indiqué dans une interview que Reagan avait su prendre le leadership des idées dans les années 80 et 90.  Louant, selon ses détracteurs, les qualités des républicains. C’est caricatural.  A ce moment de la campagne, il n’y a plus de place pour la nuance.

Au-delà de la polémique, cette sortie est instructive : elle trahit la stratégie d’Obama qui est d’aller au-delà de la rivalité droite-gauche et, d’ainsi, mieux séduire les Républicains modérés et les indépendants.  Mais le message est aussi destiné aux démocrates : oui, il est le seul à rassembler au-delà de son camp et donc de battre le candidat républicain, quel qu’il soit.

Prochaine étape pour les Démocrates, la Caroline du Sud, samedi 26 janvier.  Obama est favori dans cet Etat à forte population noire.  Clinton a un peu délaissé cet Etat.  Elle a préféré investir son temps dans la conquête de l’électorat hispanique. 

A noter qu’il n’y aura pas de primaire démocrate en Floride.  Le Parti avait décidé de ne pas octroyer de délégués a cet Etat en raison de l’avancement des Primaires.

17 janvier 2008

Romney, enfin

En remportant les primaires du Michigan, Mitt Romney a enfin gagné une grande victoire dans la course à l’investiture républicaine.  Il était temps.  Toute sa stratégie reposait sur des victoires écrasantes dans les Etats qui organisaient en premier les primaires. Gagnant ainsi en visibilité et se donnant une image de gagneur.  Pour cela, ce mormon avait remué ciel et terre pour séduire les plus conservateurs des Républicains.  Il avait également copieusement arrosé ces Etats de publicité vantant ses mérites de bon gestionnaire et sa vie de famille exemplaire. 

Après la large victoire de Huckabee, le héros de la droite conservatrice, en Iowa et de Mac Cain, le Républicain modéré séduisant les électeurs du centre, au New Hampshire, nous voici avec un camp républicain sans leader fort ni duel mobilisateur.  Nouvelle preuve que le Parti Républicain n’arrive plus, à travers son offre politique, à coaliser les tenants de la droite religieuse, les ultra-libéraux et les néo-conservateurs.

Cette situation pourrait encore se complexifier si Giuliani remportait les primaires de Floride.  L’ancien maire de New York a, en effet, concentré ses forces sur ce premier grand Etat à organiser la sélection républicaine.  Il remporterait alors une superbe victoire lui garantissant une couverture médiatique à quelques jours du fameux Méga Tuesday.  Je vois déjà le tableau en cas de victoire: Giuliani, le retour; Rudy, le survivant et autres superlatifs que les médias américains affectionnent.  Transformant l’essai et remportant ainsi un maximum d’Etat dont la Californie et New York lors de ce fameux mardi.  Fameux retour sur investissement.  Pour l’instant, c’est de la théorie.  Résultat le 5 février.

En attendant, prochaine étape le samedi 19 janvier au Nevada et en Caroline du Sud.

A dimanche pour faire le point.

10 janvier 2008

Bloomberg Président?

L’ancien maire de New York, Rudy Giuliani,  baisse dans les sondages.  Et de plus en plus de monde s’interroge sur sa stratégie.  Cela ouvre certains appétits.  L’actuel maire de Big Apple, Mike Bloomberg, milliardaire et fondateur de l’agence de presse du même nom, étudie la possibilité de se présenter comme candidat indépendant à l’élection du 4 novembre 2008.

A l’image de Ross Perrot en 1992 (également milliardaire), Mike Bloomberg souhaiterait coaliser les déçus du bipartisme à l’américaine.  Notez bien qu’il est républicain mais qu’il a été démocrate dans le passé. 

La rumeur courrait depuis quelques temps.  Elle réapparaît avec insistance depuis que Bloomberg a commandé un sondage détaillé dans les 50 Etats.  Histoire de voir s’il a ses chances.

L’avantage, c’est qu’il ne devra pas dépenser des sommes folles pour des Primaires qui seront les plus chères de l’Histoire. Et réserver une partie de sa fortune à la lutte finale.

Du côté des primaires démocrates deux événements font la une des journaux en ligne.  John Kerry devrait apporter son soutien à Barak Obama et Bill Richardson, la touche hispanique des primaires, abandonne la course.  Il ne reste plus que 5 candidats du côté démocrate.  L’horizon s’éclaircit.

12 décembre 2007

Musculation autour de l’immigration

Aujourd’hui, nous sommes à
22 jours des Caucus en Iowa
27 jours des primaires au New Hampshire
55 jours du Super Tuesday

Du côté républicain, et jusqu’à présent, le concours de beauté se faisait sur deux scènes: (1) je suis celui qui incarne le plus les valeurs chrétiennes et (2) je suis celui qui dépense le moins et qui réduit le plus les impôts. Giuliani et Romney se partageaient les premières marches du podium.

Depuis, rassemblant les tenants de la droite religieuse, Mike Huckabee s’est hissé à  la première place en Iowa et second au niveau national.  Je vous en ai déjà abondamment parlé.

Dès lors, il est devenu pour ses adversaires l’homme à abattre.  Pour l’abattre, il fallait absolument changer ces deux thèmes qui lui faisait la part trop belle.

Romney a trouvé la parade: l’attaquer sur l’immigration et son pauvre bilan quand il était gouverneur.  De plus, il fait d’une pierre deux coups: ce thème lui permet d’égratigner au passage son ami Giuliani. Romney reproche essentiellement à ses adversaires leur laxisme face aux illégaux. 

Les réactions ne se sont pas faites attendre.  Giuliani a déniché quelque part que Romney avait engagé des illégaux dans ses affaires immobilières et Huckabee nous a sorti un plan contre l’immigration on ne peut plus musclé (expulsions, mur de protection à la frontière mexicaine,..).  Et cerise sur le gâteau, il a reçu le soutien du fondateur du groupe de citoyens qui avaient pris l’initiative de patrouiller le long de la frontière mexicaine.

Du côté démocrate, à part la petite déprime de la campagne d’Hillary, pas grand-chose à signaler.

29 novembre 2007

La reine Hillary est nue

Longtemps portée par des sondages qui lui donnaient une avance confortable, Hillary donnait l'image d'une femme certaine de sa destinée et ferme sur ses principes.  Elle ne manquait pas, non plus, de considérer ses concurrents comme parties négligeables.

Son credo se résumait comme suit : "je suis une femme compétente et expérimentée qui est la seule à pouvoir gagner face aux Républicains."

Un récent sondage montre que l'ex-première dame serait battue par le candidat républicain quel qu'il soit. Même par Mike Huckabee.  Pire, dans certains cas de figures, Obama et Edwards pourraient l'emporter face à certains républicains.

C'est, selon moi, un virage dans la campagne. Et cela pour deux raisons:

1. Hillary est nue. Elle perd son argument d’être la seule à pouvoir l'emporter.  D'autre part, la candidature de Barack Obama connait un second souffle. Beaucoup le trouvent plus charismatique, plus rassembleur et plus sincère que Clinton.

2. Cette nouvelle donne va se répercuter chez les Républicains. Giuliani, convaincant ses amis républicains que Clinton remportera l’investiture démocrate, s'est beaucoup dépensé pour prouver qu'il était le seul à pouvoir battre la "diablesse".  L'épouvantail parti, d'autres priorités vont faire surface. Et vu les lacunes de Giuliani, il est probable qu’il ne soit plus considéré comme l’homme de la situation.

A un peu plus d'un mois du caucus en Iowa, c'est pas terrible comme nouvelle.  Mais nuançons.  Hillary Clinton a concentré depuis quelques semaines ses efforts sur l'Etat clef qu'est l'Iowa.  Serrant des mains dans les centres commerciaux et délaissant par la même la scène médiatique nationale. Ceci pourrait expliquer ce "décrochage".

D'autre part, nous sommes à un peu moins d'un an de l'élection. Autant dire une éternité en politique.  Ce genre de sondage a, à vrai dire, la même valeur qu'une prévision météo à 7 jours sur Yahoo.fr.

Les candidats n'ont qu'un seul objectif: remporter l'Iowa.  Le reste, on s'en contrefout.  Dès le 3 janvier, une toute autre dynamique se mettra en place.

26 novembre 2007

2 matchs, 4 prétendants et un champ de bataille, l’Iowa

Clairement, la campagne se focalise.  Géographiquement et en termes de candidats. 

Géographiquement, tout d’abord.  La plupart des candidats battent le pavé en Iowa.  Par exemple, Hillary Clinton et son mari seront présents en permanence en Iowa jusqu’au 3 janvier.

Au niveau des candidats, tous les regards se tournent vers les deux principaux représentants des deux partis: Giuliani et Romney pour les Républicains, Obama et Clinton pour les Démocrates.  Chacun a focalisé ses attaques sur son principal rival. En résumé, ça donne ceci :

Romney attaque Giuliani

« Il est important pour le parti Républicain d’avoir un candidat qui puisse se distinguer, en termes de valeurs familiales, d’Hillary Clinton. » (référence aux trois divorces et au mode de vie libéré de Giuliani).

« Notre candidat doit être « pro vie » (anti avortement), « pro famille », « pro mariage traditionnel » et s’opposer fermement à l’immigration illégale . Giuliani ne répond à aucun de ces critères.»

Giuliani attaque Romney

« En tant que gouverneur du Massachusetts, Romney a un très mauvais bilan en termes de lutte contre l’insécurité ».

« Quand vous lui (Romney) donnez un mandat, vous êtes sûr d’une chose : à la fin, cela vous coûtera plus cher ».

Clinton attaque Obama


« Il y a une différence de taille avec le Sénateur Barak Obama.  Moi, je propose un plan de Sécurité Sociale qui garantira une couverture à chaque américain  Lui, il laisse 15 millions de citoyens sur le côté ».

« Je respecte mes opposants mais il y a entre nous des différences en termes d’expérience et de compétence ».  (référence à peine voilée à l’inexpérience et à la jeunesse d’Obama).

Et Obama n’attaque personne…

Il profite de son nouveau statut de leader dans la course en Iowa.  Essayant de capitaliser un maximum sur ce nouveau rôle. 

19 novembre 2007

Le calme avant la tempête

Pour tout vous dire, peu m’inspire dans la campagne actuellement.  Il semble que les candidats soient entrés dans un certain ronronnement.  Les candidats démocrates et républicains attendent patiemment le dénouement et travaillent le porte-à-porte en Iowa et en New Hampshire.

Pas de changement dans les sondages, Clinton est toujours en tête au niveau national du côté démocrate et Giuliani pour les républicains.  Edwards est le plus offensif du côté démocrate.  Giuliani gère les derniers scandales de son ami, ex-chef de la police de New York.  Bref, business as usual…

Tout semble indiquer que nous sommes dans une période d’entre deux où ceux qui sont en tête parlent le moins possible.  Histoire d’éviter « la » gaffe.  Ceux qui sont derrière perçoivent de plus en plus le besoin de garder une certaine proximité avec un potentiel vainqueur.  Quand l’investiture sera réglée, il faudra se nommer un candidat Vice-Président et si, par bonheur le candidat est élu, il y aura des places à prendre.  Bref un bel exercice d’équilibriste pour les suivants.

10 novembre 2007

Un ami encombrant

Je vous parlais il y a peu du point qu’avait marqué Giuliani en gagnant le soutien de Pat Robertson de la Christian Coalition.

Aujourd’hui, il se passerait bien de certains de ses amis : l’ancien commissaire du fameux NYPD (New York Police Department), nommé par l’ancien maire Giuliani, vient d’être inculpé pour corruption.  Pire : le candidat à l’investiture républicaine avait mouillé sa chemise pour que son protégé (et ancien chauffeur) devienne le Secrétaire d’Etat à la Sécurité Intérieure (sorte de ministère de l’Intérieur) de Georges Bush.

Croyez-moi, ça va faire des ravages dans la campagne de Giuliani qui, faute de pouvoir se présenter comme un bon chrétien, avait construit sa campagne sur sa réputation de bon gestionnaire.  Mais avec ce nouveau rebondissement, cela va se compliquer.

08 novembre 2007

Giuliani marque un point…

Comme je vous le disais dans mon billet du 17 octobre, la droite religieuse, même divisée et déboussolée, fera l’élection du candidat républicain.  Et Giuliani l’a compris.  Lui qu’on dit si éloigné de cette partie du Parti Républicain.

Il vient pourtant de marquer un point en recevant l’appui (l’ « endorsement ») de Pat Robertson.  Le fondateur de la fameuse « Christian Coalition ».  Cette coalition rassemble des fondamentalistes chrétiens (protestants et catholiques).  Elle revendique plus ou moins  1 million de membre aux Etats-Unis.  Pat Robertson a été lui-même candidat à l’élection présidentielle de 1988.  Il est maintenant Télé-évangéliste.

Dans sa conférence de presse, Robertson a « oublié » de souligner les points de divergence avec son nouvel ami Rudy.  Ils ne sont ni d’accord sur le mariage gay, ni sur l’avortement.

06 novembre 2007

Demain, on rase gratuit…

Giuliani a décidé de prendre le taureau par les cornes.  Menant toujours dans les sondages nationaux, il risque d’égratigner son image de leader incontesté en perdant les deux premières étapes du long chemin qui mène à la Maison Blanche.  En Iowa et dans New Hamppshire, il est devancé par Mitt Romney

Il doit absolument remporter ces deux étapes, sinon il partira avec un handicap.  Dès lors, il a décidé d’investir dans des spots TV, du mailing et des pubs radio dans ces deux Etats.  Ce qui signifie que 1) il veut gagner ces deux Etats (sinon, il dépenserait son argent ailleurs) et que 2) ceux-ci sont importants pour lui.

Depuis quelques jours, la course du côté républicain, ressemble de plus en plus à un duel Giuliani-Romney.  Le terrain de jeu : qui propose le plus de réductions fiscales ?

D’un côté Giuliani vient avec ses résultats dans ce domaine lorsqu’il était Maire de Big Apple. 

De l’autre, les propositions de Romney et un postulat de départ : « Il n’est pas juste que vous payiez des impôts quand vous gagnez de l’argent, quand vous épargnez et quand vous mourez. » .  Par exemple : il propose de ramener les impôts sur les dividendes, les intérêts et les plus-values à … zéro.  Et ce pour les familles gagnant moins de 140 000 EUR par an.  Il propose aussi de supprimer les droits de successions.  Rien de moins.  Et tout cela sera financé par la croissance économique (sur ce point il est optimiste) et par un maintien de la croissance des dépenses 1% sous le taux d’inflation.

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