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03 décembre 2007

Huckabee en tête en Iowa

Selon un sondage paru dimanche, Mike Huckabee passe en tête des intentions de votes pour la primaire républicaine en Iowa.  A 29%, il devance Mitt Romney 24% et Giuliani 13%.  En octobre, il était pointé à 12%.

Et cela a déjà trois conséquences:

  • Giuliani focalise ses critiques sur les propositions fiscales d’Huckabee et non plus sur celles de Romney;
  • Ce dernier donnera des gages que sa religion, il est mormon, n’interfèrera pas dans ses décisions et que ses convictions sont proches de celles de la droite religieuse.  En effet, les chrétiens, qu‘ils soient protestants ou catholiques, considèrent les mormons comme sectaires;
  • Le public afflue dans les meeting du candidat Huckabee.

En tout état de cause, Huckabee semble coaliser les militants de la droite religieuse et cela constitue un risque réel pour Romney.

26 novembre 2007

2 matchs, 4 prétendants et un champ de bataille, l’Iowa

Clairement, la campagne se focalise.  Géographiquement et en termes de candidats. 

Géographiquement, tout d’abord.  La plupart des candidats battent le pavé en Iowa.  Par exemple, Hillary Clinton et son mari seront présents en permanence en Iowa jusqu’au 3 janvier.

Au niveau des candidats, tous les regards se tournent vers les deux principaux représentants des deux partis: Giuliani et Romney pour les Républicains, Obama et Clinton pour les Démocrates.  Chacun a focalisé ses attaques sur son principal rival. En résumé, ça donne ceci :

Romney attaque Giuliani

« Il est important pour le parti Républicain d’avoir un candidat qui puisse se distinguer, en termes de valeurs familiales, d’Hillary Clinton. » (référence aux trois divorces et au mode de vie libéré de Giuliani).

« Notre candidat doit être « pro vie » (anti avortement), « pro famille », « pro mariage traditionnel » et s’opposer fermement à l’immigration illégale . Giuliani ne répond à aucun de ces critères.»

Giuliani attaque Romney

« En tant que gouverneur du Massachusetts, Romney a un très mauvais bilan en termes de lutte contre l’insécurité ».

« Quand vous lui (Romney) donnez un mandat, vous êtes sûr d’une chose : à la fin, cela vous coûtera plus cher ».

Clinton attaque Obama


« Il y a une différence de taille avec le Sénateur Barak Obama.  Moi, je propose un plan de Sécurité Sociale qui garantira une couverture à chaque américain  Lui, il laisse 15 millions de citoyens sur le côté ».

« Je respecte mes opposants mais il y a entre nous des différences en termes d’expérience et de compétence ».  (référence à peine voilée à l’inexpérience et à la jeunesse d’Obama).

Et Obama n’attaque personne…

Il profite de son nouveau statut de leader dans la course en Iowa.  Essayant de capitaliser un maximum sur ce nouveau rôle. 

27 octobre 2007

Un ancien obèse à la Maison Blanche?

Ancien gouverneur d’Arkansas, il n’a ni la fortune de Mitt Romney, ni la popularité de Rudy Giuliani et ni le passé héroïque de John Mac Cain.  Pourtant il est devenu « le » challenger de la course à l’investiture républicaine. Arrêtons nous quelques instants sur le cas de Mike Huckabee.

Il revient un peu dans l’actualité après le retrait de Sam Brownback. Tous deux sont très proches en termes de positionnement politique et beaucoup pensent que Huckabee profitera du report des voix.

A plusieurs reprises, je vous ai parlé du Blues de la droite religieuse et de sa tentation de pousser un candidat indépendant lors du duel Démocrate/Républicain.  Huckabee et Brownback étaient considérés comme les deux candidats les plus proches de cette tendance du parti.  Depuis quelques temps, le sujet est devenu le centre des débats républicains : qui est le « plus » authentique conservateur ?  Brownback parti, Huckabee semble maintenant le seul à pouvoir surfer sur cette vague.  Inutile de vous dire qu’il est farouche opposant à l’avortement et au mariage gay.  C’est un minimum…

Huckabee est, au niveau personnel, un cocktail détonnant : bassiste d’un groupe de rock et pasteur baptiste, il était sorti de l’ombre en faisant régime lorsqu’il était gouverneur de l’Arkansas.   Tentant de sensibiliser sa population à l’obésité grandissante de sa population, il avait lui-même mouillé sa chemise en suivant un régime qui lui avait fait perdre 50 kilos.

Son problème ?  Vous l’aurez deviné si vous consultez régulièrement ce blog.  L’argent, bien sûr.  Il est très loin des autres candidats.  Et si pas de moyens, pas de pub, pas de staff de campagne en Iowa,…bref cela va être très difficile.  Mais pas impossible…

23 octobre 2007

Un coup de coeur...

Un petit coup de cœur de la blogosphère : le blog iPol, constitué au début de l’année 2007 par des professionnels des médias (Paris Première,Canal+,…), vient de créer un blog en français sur l’élection américaine.  Chaque semaine, une vidéo.  Pour l’instant, ils passent en revue les candidats et abordent des sujets liés aux médias.  C’est frais, c’est to-the-point, c‘est techniquement impeccable… et tout bonnement génial.

17 octobre 2007

Le Blues de la droite religieuse (II)

Les jeux sont de plus en plus ouverts du côté Républicain.  A un peu plus de deux mois des premières primaires, aucun candidat n’a pris l’ascendant (comme l’a fait Clinton chez les Démocrates).  Que du contraire. 

Même si Mitt Romney continue à mener dans les sondages de l’Iowa et du New-Hampshire, son avance s’effrite.   Dernier sondage en date : le New Hampshire qui montre que Romney perd 7 points (26%), une stabilisation de Giuliani à 20%.  MacCain bondit, quant à lui, de 6 points à 17% et Fred Thompson s’écrase à 10%. 

Plus les jeux sont serrés, plus la droite religieuse est convoitée.  Mitt Romney s’est beaucoup dépensé pour se rapprocher de l’aile conservatrice du parti.  Mais la droite religieuse doute de ce mormon et de cet ex-gouverneur d’un Etat traditionnellement libéral, le Massachusetts.    

Mc Cain a rappelé dernièrement deux faits : Romney a voté Démocrate aux primaires de la présidentielle de 1992 et a fait un don substantiel à un candidat démocrate au congrès. 

Pauvre droite religieuse qui s’apprête donc à choisir entre un Mormon, ancien libéral, et un libéral new-yorkais.  Sans compter que ce dernier n’a pas la vie privée qui pourrait séduire cette tranche du parti.  Selon un sondage, seuls 20% des électeurs Républicains connaissent la vie privée de Giuliani.  Gageons que ses opposants auront pour objectif d’augmenter ce score.  En tous cas, les prochaines semaines s’annoncent très chaudes du côté républicain…

12 septembre 2007

Au rapport, mon général…

Ces derniers jours ont été marqués par deux événements liés à la lutte contre le terrorisme : les commémorations des attentats du 11 septembre et le rapport  Petraeus sur la situation en Irak.  Je ne vais pas m’étendre sur le premier point : j’y reviendrai dans les prochains jours.

Tout d’abord, qui est le Général Petraeus ? Il est le Commandant en Chef des troupes américaines en Irak. Lundi, il était auditionné par une commission du sénat américain pour faire le point sur la situation militaire dans le pays. Durant cette audition, il a annoncé une réduction des troupes moins importante que prévu. La séance a duré neuf heures. La commission était composée, entre autres, de cinq candidats à la présidence. Inutile de dire que ces derniers ont plus parlé qu’écouté.

Du côté des démocrates, Barack Obama a été très critique en demandant un retrait immédiat et en insistant sur la mauvaise stratégie de l’administration Bush. Les autres candidats démocrates suivent plutôt cette ligne dure. Pour eux, c’est le retrait maintenant. Mais ils ne prennent aucun risque : la décision sera, in fine, prise par la Maison Blanche. Cela confirme l’impuissance des démocrates qui avaient pourtant suscité beaucoup d’espoirs lors de leur victoire des précédentes élections législatives.

La moins critique a été Hillary Clinton. Elle a loué la fermeté du Général Petraeus. On sait que le conseiller d’Hillary, Mark Penn, souhaite soigner le côté « Sécurité Nationale » de sa candidate. Contrairement à d’autres démocrates, elle a voté l’invasion de l’Irak en son temps et n’a jamais admis avoir fait une erreur. La volonté est clairement de ne pas laisser ce terrain aux seuls néo-conservateurs républicains. Au premier rangs desquels on retrouve un autre new-yorkais, Rudolph Giuliani.