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29 novembre 2007

La reine Hillary est nue

Longtemps portée par des sondages qui lui donnaient une avance confortable, Hillary donnait l'image d'une femme certaine de sa destinée et ferme sur ses principes.  Elle ne manquait pas, non plus, de considérer ses concurrents comme parties négligeables.

Son credo se résumait comme suit : "je suis une femme compétente et expérimentée qui est la seule à pouvoir gagner face aux Républicains."

Un récent sondage montre que l'ex-première dame serait battue par le candidat républicain quel qu'il soit. Même par Mike Huckabee.  Pire, dans certains cas de figures, Obama et Edwards pourraient l'emporter face à certains républicains.

C'est, selon moi, un virage dans la campagne. Et cela pour deux raisons:

1. Hillary est nue. Elle perd son argument d’être la seule à pouvoir l'emporter.  D'autre part, la candidature de Barack Obama connait un second souffle. Beaucoup le trouvent plus charismatique, plus rassembleur et plus sincère que Clinton.

2. Cette nouvelle donne va se répercuter chez les Républicains. Giuliani, convaincant ses amis républicains que Clinton remportera l’investiture démocrate, s'est beaucoup dépensé pour prouver qu'il était le seul à pouvoir battre la "diablesse".  L'épouvantail parti, d'autres priorités vont faire surface. Et vu les lacunes de Giuliani, il est probable qu’il ne soit plus considéré comme l’homme de la situation.

A un peu plus d'un mois du caucus en Iowa, c'est pas terrible comme nouvelle.  Mais nuançons.  Hillary Clinton a concentré depuis quelques semaines ses efforts sur l'Etat clef qu'est l'Iowa.  Serrant des mains dans les centres commerciaux et délaissant par la même la scène médiatique nationale. Ceci pourrait expliquer ce "décrochage".

D'autre part, nous sommes à un peu moins d'un an de l'élection. Autant dire une éternité en politique.  Ce genre de sondage a, à vrai dire, la même valeur qu'une prévision météo à 7 jours sur Yahoo.fr.

Les candidats n'ont qu'un seul objectif: remporter l'Iowa.  Le reste, on s'en contrefout.  Dès le 3 janvier, une toute autre dynamique se mettra en place.

23 novembre 2007

Le bond d'Huckabee

Je reviens quelques instants sur le cas de Mike Huckabee que j’avais abordé dans mon billet du 7 novembre 2007. Je vous disais qu’il était pointé à 12% dans la course républicaine en Iowa. Il vient de faire un bond et est maintenant pointé à 24% dans un sondage Washington Post/ABC. Impressionnant. Il est second; à deux points de Mitt Romney.

Ses efforts pour séduire la droite religieuse semblent porter leurs fruits. Reste à savoir si cette tendance se confirmera dans d’autres Etats. En tout cas, cette ascension exceptionnelle lui offre une couverture médiatique plus que bienvenue.

Pendant ce temps là, Hillary Clinton a opté pour un changement de stratégie. Depuis quelques semaines, poussée par des sondages élogieux, elle avait opté pour un statut de candidate au dessus de la mêlée. Les attaques répétées de ces rivaux démocrate et des sondages favorables à Obama en Iowa l’obligent à changer son fusil d’épaule. Elle s’attaque maintenant frontalement à ces adversaires en décrivant, par exemple, Barak Obama comme trop inexpérimenté.

Autre information, le New Hampshire a enfin tranché: il organisera ses primaires le 8 janvier 2008. Soit 5 jours après le caucus en Iowa.

21 novembre 2007

Obama en tête

Cela semble évoluer depuis que je vous disais que la morosité planait sur la campagne. 

Le dernier rebondissement est un sondage.  Selon le dernier publié par Washington Post/ABC, Obama passerait devant Clinton et la devancerait de 4 points en Iowa.  La marge d'erreur étant de 3,4 points, on peut au moins estimer qu'ils sont dans un mouchoire de poche.  Mais cela a le mérite de relancer la machine à suspens. 

 

 

19 novembre 2007

Le calme avant la tempête

Pour tout vous dire, peu m’inspire dans la campagne actuellement.  Il semble que les candidats soient entrés dans un certain ronronnement.  Les candidats démocrates et républicains attendent patiemment le dénouement et travaillent le porte-à-porte en Iowa et en New Hampshire.

Pas de changement dans les sondages, Clinton est toujours en tête au niveau national du côté démocrate et Giuliani pour les républicains.  Edwards est le plus offensif du côté démocrate.  Giuliani gère les derniers scandales de son ami, ex-chef de la police de New York.  Bref, business as usual…

Tout semble indiquer que nous sommes dans une période d’entre deux où ceux qui sont en tête parlent le moins possible.  Histoire d’éviter « la » gaffe.  Ceux qui sont derrière perçoivent de plus en plus le besoin de garder une certaine proximité avec un potentiel vainqueur.  Quand l’investiture sera réglée, il faudra se nommer un candidat Vice-Président et si, par bonheur le candidat est élu, il y aura des places à prendre.  Bref un bel exercice d’équilibriste pour les suivants.

30 octobre 2007

Attention, ça va cogner dur…

Voilà, on passe à la vitesse supérieure.  Avec une Hillary Clinton survolant la campagne du haut de ses 47% d’intentions de vote au niveau national, la plupart des éditorialistes s’inquiétaient du manque de « cogne » d’Edwards et d’Obama.

Depuis quelques jours, le ton a changé…

Barack Obama appelle la candidate à parler « aussi » des choses qui dérangent.  Notamment, en faisant allusion au flou lié au financement de son plan de sécurité sociale pour tous.

Edwards, lui, a carrément sorti l’artillerie lourde.   Récemment, il qualifiait Hillary Clinton de « Corporate Democrat », qu’on pourrait traduire en Démocrate d’entreprise.  Moquant ainsi la proximité des Clinton avec le monde de l’entreprise.  Et hier, il faisait monter la tension d’un cran en dénonçant la corruption des lobbyistes et de l’élite politique de Washington.  Mettant dans le même sac les Bush et Clinton, dont les deux familles règnent en alternance depuis 20 ans sur les Etats-Unis.

En jeu : le titre de « vrai » candidat du changement.   C’est de bonne guerre.  Et vu l’évolution des sondages, Edwards et Obama n’ont, de toute façon, rien à perdre.

14 octobre 2007

Faiseur de Roi ou Vice-Roi?

Voilà, c’est fait.  Comme beaucoup le pressentaient, Al Gore a reçu le Prix Nobel de la Paix.  Cela relance bien évidemment les spéculations sur son rôle dans la campagne 2008. 

Ses partisans, au premier rang desquels on retrouve Draft Gore, s’en réjouissent.  L’association a récolté 177 000 signatures qui appellent sa candidature.  Elle a même fait paraître une publicité dans le New York Times appelant l’ex-Vice-Président à se porter candidat.

Evidemment, la candidature d’Al Gore aurait de nombreux avantages : son expérience de la Vice-Présidence, sa capacité à mener campagne, son statut d’homme blanc (eh oui, ça compte encore au pays de l’Oncle Sam),…

MAIS.  Pourra-t-il récolter 80 millions de dollars?  Pourra-t-il refaire son retard sur Hillary Clinton qui est pointée à 39% des intentions de vote dans le camp démocrate?  Pourra-t-il constituer des équipes dans chaque Etat pour remporter les Primaires?  Peut-on remporter une élection aux Etats-Unis avec comme fonds de commerce le long terme et la planète?  Vous voulez mon avis:  Non. 

Par contre, il pourrait devenir, à défaut d’être Roi lui-même, faiseur de Roi (en apportant son soutien à un candidat) ou Vice-Roi (un ticket Clinton-Gore… nostalgie quand tu nous tiens).  En tout cas, les courtisans sont déjà au travail…

07 octobre 2007

Les dollars, nerf de la campagne (II)

Mais que font les candidats de toutes ces sommes récoltées?  Un de leur plus gros poste reste les dépenses de publicité.  Essentiellement télévisée.
Bien sûr, il est toujours possible de « déposer » des pubs gratuites sur YouTube, mais la télévision reste LE média préféré pour toucher un maximum d ‘électeurs.  Si vous utilisez Internet, vous touchez un public plus jeune, plus aisé, plus instruits et plus « convaincu« .  La TV vous donne les moyens d’atteindre une population plus distante des partis politiques.  Vous touchez donc les plus indécis.  Et donc, les plus courtisés. 

Selon les experts, les sommes investies devraient doubler par rapport à 2004.  Bien sûr, il s’agit d’une élection où le Président sortant ne peut se représenter.  Les jeux sont donc plus ouverts.  Une autre explication est que les candidats sont partis plus tôt en campagne. 

Mitt Romney est le candidat ayant le plus investi en pub TV.  Et pour cause: étant le moins connu, il a réellement besoin de faire connaître son nom.  Pou compenser cet handicap, il dispose d’une fortune personnelle dans laquelle il pourra puiser pour s‘offrir un plan média.

Maintenant, il est une autre manière d’apparaître sur le petit écran.  Beaucoup moins chère, celle là : être invité dans les talk-shows ou autres émissions.  Hillary Clinton est championne dans ce genre d’exercice.  Son statut de première des sondages (et de loin) n’y est pas étranger.  On la présente comme incontournable, les médias se l’arrachent.  Les sondages ne feront peut être pas l’élection, mais ils font déjà la campagne.

Plus on vous voit à la télévision, plus on vous fait des dons, plus vous avez des moyens, plus vous arrosez de pubs… et plus on vous voit à la télévision.  Bulle médiatique… ou réelle tendance?

24 septembre 2007

Les Démocrates surfent sur la vague

Je vous conseille un petit détour par le site de Yahoo.com.  En collaboration avec deux autres sites, le portail a mis en ligne un site consacré aux Primaires de l’élection présidentielle: Candidate Mashup .  En quelques clicks, on sélectionne deux candidats, on clique ensuite sur un thème.  Et là, vous avez la comparaison.  Bon, avouons le tout de suite : ce n’est pas la panacée.  Il n’y a que 4 thèmes et les interventions sont courtes.  Le petit plus réside dans le fait que depuis le 13 septembre, un million d’internautes ont consulté ce site dont une grande partie de jeunes.

Un autre site : You Tube.  Le site d’échange vidéo et CNN ont organisé un grand débat entre les candidats Démocrates.  L’originalité : les internautes pouvaient poster leur question sur You Tube.  Faites un tour sur la page Recap.  En 38 questions, on peut déjà voir les différentes sensibilités des candidats.  C’est pratique et instructif.

Deux bons exemples de la convergence des médias et de la capacité des candidats à s’adapter aux nouvelles technologies.

21 septembre 2007

Pouvoir d'achat...

Après les 110 milliards de dollars de couverture sociale de Madame Clinton, voici les 85 milliards de dollars de réduction fiscale de Monsieur Obama.

Le montant est assez important : c’est le plus ambitieux qu’un candidat démocrate ait proposé depuis 10 ans. 

Barak Obama, sénateur Démocrate de 46 ans, voit ce coup de pouce à la classe moyenne comme une solution pour réduire les inégalités grandissantes et pour atténuer les conséquences de la crise du crédit.

C’est une manière pour les Démocrates de dénoncer l’absence de croissance des revenus de la classe moyenne constatée pendant les années Bush.  Les 3 principaux candidats Démocrates (Clinton, Obama et Edwards) ont promis de revenir sur les réductions fiscales que G.Bush a octroyées aux plus riches.

Tactiquement, c’est aussi d’obtenir le soutien des syndicats.  Barak Obama est en seconde position dans les sondages nationaux.  Distancé par Hillary Clinton.  Les syndicats joueront un rôle très important dans les primaires démocrates.